Évelyne Leclercq restera comme l’un des visages les plus lumineux de la télévision française, une présence familière qui a accompagné les après‑midi et les débuts de soirée de toute une génération. Disparue à 74 ans le 30 décembre 2025, à Grasse, des suites d’une longue maladie, elle laisse derrière elle un sourire, une voix et une bienveillance qui ont profondément marqué la mémoire du petit écran.
Les débuts d’une voix familière
Née le 11 juillet 1951 à Nointel, dans l’Oise, Évelyne Leclercq rêve d’abord d’aviation avant de prendre son envol… à la télévision. À la fin des années 1960, elle commence comme speakerine à l’ORTF Nice, à peine âgée de 17 ans, déjà à l’aise en direct, sans prompteur, dans cet exercice si particulier qui consistait à parler aux téléspectateurs entre deux émissions.
Le 6 janvier 1975, elle rejoint la première chaîne dès sa création et devient l’un des visages emblématiques de TF1, figure rassurante qui annonce programmes, soirées et grands événements pour des millions de foyers.
TF1, Eurovision et jeux télé
Très vite, TF1 lui confie plus que le rôle de speakerine et lui offre des émissions en direct, preuve de la confiance que la chaîne place en cette jeune femme souriante et professionnelle. En 1976 et 1977, elle présente ainsi la sélection française pour le concours Eurovision, en direct des Buttes-Chaumont, incarnant déjà ce mélange de légèreté et de sérieux qui deviendra sa marque.
Dans ces années 1970-1980, elle multiplie les participations à des programmes de divertissement et de variétés, s’imposant comme une présence familière du paysage audiovisuel français à une époque où peu de visages féminins occupent le devant de la scène.
L’ère “Tournez manège !”
À partir du 9 septembre 1985, Évelyne Leclercq entre vraiment dans la légende télé avec le lancement de “Tournez manège !” à l’heure du déjeuner sur TF1. Aux côtés de Simone Garnier et Fabienne Égal, entourée de Charly Oleg, Jean Amadou ou José Sacré, elle coanime pendant huit ans ce jeu matrimonial où des célibataires se parlent sans se voir avant de se découvrir à la fin de l’émission.
Diffusée de 1985 à 1993, l’émission devient un phénomène populaire, et Évelyne, avec sa douceur, son humour jamais méchant et son empathie pour les candidats, s’y impose comme l’une des animatrices les plus populaires de sa génération.
Une grande dame du divertissement
En parallèle de “Tournez manège !”, Évelyne Leclercq rejoint d’autres rendez‑vous cultes, comme “Intervilles” en 1991 avec Guy Lux et Simone Garnier, apportant à ces joutes bon enfant une touche de féminité et de complicité avec le public. Elle devient également sociétaire des “Grosses Têtes” à la radio à la fin des années 1980, prouvant qu’elle sait aussi manier la répartie et l’autodérision.
On la retrouve plus tard dans des projets plus discrets, entre théâtre, chanson – avec quelques 45 tours, dont “Tu veux ou tu veux pas” – puis un retour sur les écrans à la fin des années 2000 sur la TNT avec Cash TV et des émissions de jeux en ligne.
Une présence qui ne s’éteindra pas
Atteinte d’un cancer du système lymphatique, Évelyne Leclercq affronte la maladie “avec un courage hors du commun”, entourée de sa fille Céline Olive et de ses trois petits‑enfants, jusqu’à son dernier souffle à Grasse, le 30 décembre 2025. Les hommages de TF1 comme de nombreux téléspectateurs saluent une “grande dame de la télévision française” qui a su rester proche du public sans jamais céder au cynisme.
Pour celles et ceux qui ont grandi avec “Tournez manège !”, ses annonces de programmes ou ses éclats de rire, Évelyne Leclercq restera à jamais associée à un certain âge d’or du divertissement français, fait de simplicité, de chaleur humaine et de tendre nostalgie.
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